dimanche 13 mars 2011

Accident nucléaire au Japon : une situation inquiétante , une chape de plomb sur l'information.

Pour Corinne Lepage, eurodéputée et présidente de CAP21, l’embarras apparent de Nathalie Kosciusko Morizet et l’assurance affichée d’Eric Besson lors de la conférence de presse sur la catastrophe nucléaire au Japon traduisent une nouvelle fois la volonté des autorités nucléaires françaises de maintenir une chape de plomb sur une information véritablement transparente pour se cacher derrière une communication bien rodée qui rappelle étrangement celle que nous avions connue lors de Tchernobyl. 

Par ailleurs, CAP21 tient à exprimer ses plus vives inquiétudes quant aux risques encourus par les populations suite à l’explosion intervenue sur une centrale nucléaire au Japon. Le confinement d’un réacteur semble rompu depuis l’explosion et des radioéléments s’échappent dans l’atmosphère. 

De nombreuses informations contradictoires circulent actuellement, il est indispensable que les autorités puissent faire un point précis de la situation des différents réacteurs à l’arrêt et indiquer si un processus de fusion est amorcé ou non. L’IRSN a d’ailleurs confirmé la pertinence de cette hypothèse, type Three Miles Island. Il convient aussi de suivre l’évolution des vents et des courants atmosphériques pour évaluer les risques de dispersion du nuage radioactif. Cette vigilance concerne notamment nos territoires ultra-marins. 

De ces évènements absolument tragiques pour le Japon, il faudra en tirer les conséquences sur l’évaluation des risques dans le domaine du nucléaire, trop souvent sous-estimés. Aucune centrale, malgré les systèmes de sécurité mis en œuvre, n’est à l’abri d’un accident majeur. Le risque zéro n’existe pas. 

En France, la centrale de Fessenheim est particulièrement vulnérable au risque sismique et d’inondation. Le 9 mars dernier, le TA de Strasbourg rejetait la demande de fermeture de la centrale formulée par un collectif d’associations et de communes.

D’autres centrales peuvent être soumises également à des catastrophes naturelles qui pourraient mettre en arrêt les systèmes de refroidissement des réacteurs. 

Malgré le discours rassurant du gouvernement et des autorités, comme à l’accoutumée pour chaque accident nucléaire, la question de la sécurité doit être rapidement mise à l’examen au travers d’un débat national réunissant l’Etat, les autorités de sûreté nucléaire, les associations écologistes, collectivités, représentants de la société civile… Il est indispensable d’avoir une véritable évaluation du rapport bénéfices-risques et des coûts de la filière nucléaire. 

Eric DELHAYE, Président délégué de CAP21

1 commentaire:

  1. Le problème dans cette histoire, faute d'information indépendante, c'est que nous n'avons pas d'autre choix que de faire confiance. Et moi, quand je n'ai pas le choix, je me méfie !

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